Voici quelques impressions de mon WE breton !
Départ de Tarbes direction La Rochelle pour une visite touristique en famille, puis direction Vannes vendredi matin
Premières constatations : il fait très chaud ! ! 30 à 32 degrés dans l’après-midi ! donc ça promet !
Retrait du dossard et dépôt du sac de transition puis direction l’hôtel pour une petite sieste avant le départ
18h30, les coureurs commencent à s’agglutiner vers l’aire de départ, je me mets un peu devant juste à côté de Bruno Heubi, ancien vainqueur des 100 kms de Millau et titulaire en équipe de France de 24h. Dernières bises à la famille et à 19 h pétantes c’est le départ pour les 600 participants !
Je me cale à côté de Bruno, il part très prudemment, entre 10 /11 km à l’heure. Ce début de course est très agréable, le parcours est magnifique, chemin côtier, sentier des douaniers avec vue sur mer bref une vrai carte postale ! Nous commençons à doubler les premiers inconscients qui sont partis trop vite, presque du suicide, certains ne feront même pas 30 kilomètres !
Premier contrôle puis un peu plus tard premier incident, nous sommes un petit groupe de 4/5, nous nous sommes trompés de chemin à une bifurcation ! difficile d’estimer le temps perdu mais surement plus d’une trentaine de minutes. Donc retour en arrière, et nous nous retrouvons dans le milieu du peloton . Sans le vouloir, ce petit coup de stress m’a fait augmenter mon rythme, donc je me recale à une allure plus raisonnable car sinon cela se payera comptant
Je passe une bonne partie de la nuit pratiquement seul, mais cela ne me dérange pas, j’ai une bonne frontale, et comme ça, je reste concentré sur le balisage et le parcours, une fois, ça va ! Par contre impossible de me situer dans le classement, c’est en arrivant au contrôle de Port Neze que le responsable me dit :
« allez, c’est bien tu es dixième et tu as deux gars devant toi ! »
Dixième, franchement je ne pensais pas être si bien classé, je poursuis sans m’affoler, l’aube arrive et je rattrape les deux concurrents qui commencent à être dans un « piteux » état. Du coup j’arrive en 8 ieme position à l’embarquement Arzon en 10h26
J’ai droit à un joli lever de soleil pour ma traversée en zodiac jusqu'à Locmariaquer, puis direction le stade pour le ravito où je récupère mon sac avec mes effets personnels. Etant classé dans les dix premiers, je me vois attribuer un gps pour me localiser pendant le reste de la course, je suis pas sûr qu’il ait bien fait de me refiler ce truc…C’est reparti pour la seconde moitié, et pour le moment les jambes répondent encore bien. Un peu avant le pointage n°7 je passe un autre concurrent mais un peu avant Auray des balises ont été arrachées et bien sur je me trompe pour la deuxième fois, sans trop de conséquences car un spectateur me redirige assez rapidement vers la bonne route
Me voilà au ravito de Auray, toujours en septième position, mais la suite va encore me jouer des petits tours, pendant plusieurs kilomètres aucune balise, ni aucun fléchage, si bien que je me demande vraiment si je suis sur la bonne direction. Donc je me décide à revenir en arrière jusqu'à la dernière balise vue pour finalement reprendre quand même le chemin que j’avais déjà emprunté, et pour confirmer j’appelle le PC course qui me signale que effectivement d’autres balises ont été arrachées. J’arrive tant bien que mal au pointage n°8, les kilomètres commencent à être de plus en plus durs, la chaleur revient aussi très vite en ce début de journée. Pour la première fois depuis le départ, je m’octrois une pause d’une vingtaine de minutes pour essayer de faire repartir la machine, mais je sens bien que la suite va être plus que compliquée.
J’arrive à la base de vie de Lamor-Baden, km 134 et reste donc 43 km. Impossible de manger, tout aliment est automatiquement régurgité, un peu de coca, un quart d’orange mais pas plus ! Pour pouvoir tenir un peu plus longtemps, je mets plusieurs morceaux de sucre dans ma poche à eau, on verra bien si ça peut me faire tenir un peu plus longtemps. Chaque concurrent qui me double, m’encourage et me demande si ça va, un signe que je doit être dans un « piteux » état, mais je continue, je marche, je trottine de rares fois, la chaleur est terrible pas un brin d’air même en bord de mer, UN COMBLE !
Dernier ravito, km 164 et reste donc 14 km, les bénévoles sont très sympas et voient arriver des morts vivants, toujours impossible de manger, et en plus maintenant impossible de boire, plus rien ne passe, je repars donc sans rien avoir avalé ! A une dizaine de kilomètres de l’arrivée, je m’allonge sous un arbre pour une dernière petite pause, car je ne marche plus, je titube . je m’endort sans le vouloir et repart presque une demi-heure plus tard, ce n’est plus très grave une seule chose compte, franchir la ligne. J’arrive à Vannes, je commence à reconnaitre le bout du port, ça sent vraiment la fin, les derniers encouragements de Chloé et Marie me font vraiment du bien, une dernière passerelle qui nous bascule sur l’autre rive, plus que 500 m , je trottine un peu , ça y est, c’est fini ! !
26h44, pour une 23 ieme place, temps officiel 26h27 en enlevant la traversée en zodiac
Même si le dernier tiers du parcours fut très pénible, je ne suis pas trop déçu, 600 au départ, plus de 300 abandons, même le vainqueur augmente son temps de plus de deux heures, preuve que la course fut très dure et que la chaleur a fait petit à petit son travail. Les arrivées se succèderont toute la nuit et la matinée, les derniers arriveront après plus de 40 heures d’effort, finalement j’ai même pas le droit de me plaindre !